Retour sur la table ronde organisée avec le CDEM le 23 janvier 2020

La Chaire Économie de défense – IHEDN et le Centre de documentation de l’École militaire (CDEM) ont coorganisé ce 23 janvier une conférence de présentation du numéro spécial de Defence and Peace Economics consacré aux problématiques françaises et coordonné par Julien Malizard. Cet événement s’inscrit dans la célébration des 10 ans du CDEM.

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Julien Malizard ©DEMS

Cet événement a permis aux auteurs de venir présenter leur article :

  • Julien Malizard a rappelé que le domaine de l’économie de défense reste peu représenté, aussi bien parmi les autres disciplines qui constituent les études stratégiques (droit, sciences politiques, histoire, géographique, en autres) qu’au sein des sciences économiques. Néanmoins, des initiatives récentes ont permis de redynamiser le champ de recherche. Le numéro spécial vise ainsi à mettre en avant l’importance des sujets économiques pour la politique de défense mais aussi l’intérêt que peuvent avoir ces travaux pour les sciences économiques.
  • Jacques Aben a discuté de la pertinence des dépenses militaires comme mesure de la puissance d’une nation. La défense, en tant qu’activité régalienne, est évidemment un indicateur pertinent de la puissance, même si ses contours budgétaires sont difficiles à appréhender. Par ailleurs le concept de défense est aussi fondamentalement incomplet et en ajoutant un ensemble d’éléments budgétaires, il est possible de montrer que la part des dépenses publiques reliées à la puissance avoisine les 3,5% du PIB.
Jacques Aben ©DEMS
  • Josselin Droff a analysé les tendances récentes de l’organisation géographique du maintien en condition opérationnelle (MCO). A partir d’un petit modèle, les choix de localisation sont examinés : doit toutes les activités de MCO sont concentrées en un seul lieu qui permet de faire des économies d’échelle ou soit les activités sont déconcentrées en deux lieux qui permettent de minimiser le coût de transport et le « coût social opérationnel ». Les choix observés depuis une quinzaine d’années vont dans le sens d’une plus grande rationalité économique mais des forces de rappel historiques sont aussi à l’œuvre.
  • Marianne Guille a étudié les évolutions récentes du financement de la R&D de défense. La part du secteur de la défense a fortement décru depuis 1980 et la part des financements directs reçus de la part du ministère des armées est orientée à la baisse, le financement indirect (crédit impôt recherche notamment) étant désormais le mode de financement privilégié. Cette modification de la structure de financement n’a pas remis en question le caractère central des entreprises de la défense dans le système national d’innovation grâce à des investissements en recherche fondamentale.
  • Antoine Pietri a présenté une étude empirique qui lie l’intensité des conflits civils et les exportations d’armes sur la période 1992-2014. Dans la littérature économique, deux points de vue s’affrontent : pour certains les exportations sont de nature à stabiliser les parties d’un conflit alors que pour d’autres l’effet inverse est attendu. Un modèle économétrique qui vise à estimer les variables déterminantes dans l’explication des conflits indique que les exportations d’armes françaises tendent à réduire l’intensité des conflits (à l’inverse des autres exportations d’armes). Deux explications sont alors avancées : la France choisit ses partenaires commerciaux avec prudence et les armes vendues sont davantage de nature défense que le reste du monde.
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